Twixt : quand on est reconnu, on peut tout se permettre…

Francis Ford Coppola, c’est du lourd, du très lourd. Le Parrain, c’est lui, Apocalypse now, c’est lui, Dracula, c’est encore lui ! Alors quand le maître se lance dans un film d’horreur à l’ambiance absurde, on croit rêver.

Hall Baltimore est un écrivain de romans de sorcières. Incarné par Val Kilmer, il promène sa démarche lourdaude de librairies en librairie pour tenter, tant bien que mal, de vendre ses écrits.

Mais quand il arrive dans une petite ville paumée, dans laquelle un shérif bien (a)typique l’aborde, il commence à faire des rêves étranges et pénétrants.

Un pieu entre deux mondes
Il faut bien dire qu’entre l’ancienne bâtisse où a lieu un massacre d’enfants et le campements de jeunes gothiques, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête.

Francis Ford Coppola, le maître, s’essaie à un nouveau genre. Mais il ne l’aborde pas sous l’angle habituel. Ici, pas de courses poursuites à travers un appartement, pas de « non, ne monte pas à l’étage ! ». L’ambiance est onirique, un peu absurde, définitivement surréaliste.

Une jeune fille décédée en balade, des vampires, Edgar Allan Poe en guide, des personnages hauts en couleurs… Tous les éléments sont à la limite du ridicule. On se croit régulièrement dans une série télé d’il y a 40 ans, effets spéciaux inclus.

On hésite longtemps. Est-ce génial, ou bien un gros ratage ?

Après une nuit de réflexion, la réponse est là. Quand on a la stature d’un Francis Ford Coppola, on peut se permettre de se compromettre dans des choix étonnants. Un jeune réalisateur ferait la même, on crierait au scandale. Là, C’est Coppola. Il a le droit.

Val Kilmer et Elle Fanning
Pour être clair, Twixt est une énorme blague. Risible souvent, sombrant dans le ridicule. Mais la patte de Coppola sauve la mise, il parvient à éviter le marasme et sort même du loi.

On ne pourra pas dire que Twixt est spécialement beau, ni spécialement intéressant, et encore moins horrifique. Mais il livre un histoire d’une sincérité troublante, presque émouvante. Le thème est un prétexte à raconter l’histoire d’un homme paumé. Ni plus, ni moins.

A voir pour son originalité.